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Le village et ses deux chartreuses
Gosnay
est une commune de 1200 habitants, marquée par l’extraction du
charbon aux XIXème
et XXème
siècles
C’est le seul lieu au monde où deux
Monastères de Chartreux ont cohabité durant plusieurs siècles.
D’une part,
la Chartreuse
du Val Saint Esprit créée en 1320 par Mahaut d'Artois et Thierry d'Hireçon.
Elle est devenue depuis 1986 un haut
lieu gastronomique et hôtelier, référence exceptionnelle pour le
tourisme international.
D’autre part,
la Chartreuse
du Mont Sainte-Marie. C’est une des seules Chartreuses où subsistent
encore des vestiges médiévaux.
Le
département « Histoire » de l'Université d'Artois y fait des fouilles
depuis 1998.
Pourquoi
deux Chartreuses ?
Gosnacum est une bourgade déjà citée dès le Xlème siècle. N'a-t-on pas
trouvé au Bois des Dames, près du Mont Sainte Marie un cimetière
gallo-romain ?
Au XlVème siècle, l'Evêque d'Arras détient la dîme de Gosnay que Robert
II de Béthune lui avait offerte.
Thierry d'Hireçon, serviteur dévoué de Robert II, puis agent de Philippe
Le Bel, fait bâtir un château fortifié à Gosnay. Il occupe par la suite
les fonctions de Conseiller de
la Comtesse Mahaut
d'Artois et de véritable Ministre d'Etat. Juste avant sa mort, il sera nommé
Evêque d’Arras.
Une légende nous raconte l’origine des Chartreuses.
Une
jeune servante de
la Comtesse
Mahaut
, Alix, se retrouva enceinte sans être mariée. Pour
la Comtesse
, c’était une faute abominable. Alix convoquée devant son tribunal et
sommée de dénoncer l'auteur de ce délit, refusa de le faire. Le
jeune homme caché au fond de l'assistance n'eut pas son courage et se
sauva. Alix fut condamnée à être enterrée vivante et l'exécution eut
lieu le soir même aux abords du château.
On dit alors que après cette mort violente, l'esprit d'Alix hanta le
village. On appela donc cette vallée « Le Val des Esprits ». A la fin
de sa vie, Mahaut fut prise de remords au souvenir de tous ses méfaits et
crimes
En 1320, avec son conseiller Thierry d'Hireçon, elle créa le long de
la Lawe
, en face de son château,
la Chartreuse
, qu'on appellera désormais
la Chartreuse
du Val Saint Esprit.
En 1329, de l'autre côté de Gosnay, sur les pentes du Bois des Dames, elle
fit construire
la Chartreuse
du Mont Sainte Marie. Celle-ci accueillit
des moniales jusqu'en 1791. Il n’y aura que 5 Chartreuses pour les femmes
en France.
Un hôpital complétait cet ensemble, étonnant dans cette bourgade qui ne
comptait alors qu'une quarantaine d'habitants.
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L’église

A l’époque de Mahaut, une vie intense règne certainement le long de la rivière.
Les deux Chartreuses attirent une foule de personnalités.
Le château est le témoin de fêtes et de réceptions comme on aime les imaginer en cette fin du Moyen Age.
Cette terre est foulée par les plus grands personnages de l’époque : Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon, Isabelle du Portugal dont on dit qu'elle mourut et fut enterrée à
Gosnay, Charles le Téméraire, son fils Charles Quint qui fut le dernier grand visiteur du château. Il le trouva dit-on en très mauvais état en 1518 et tint à son égard les propos suivants : « Un château fort ancien, caduque et en ruine, où se logent pendant les guerres les aventuriers qui font plusieurs insolences à leurs voisins et par spécial aux dits chartreux ».
C'est avec les pierres du château que l'on construit l'année suivante en 1519 la tour de l'église qui n'est à l'époque qu'une tour de guet.
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Son architecture
Philippe Decroix, historien de Béthune,
conclut son étude sur
l’architecture de l’église de Gosnay en ces termes :
« Cette petite église de village occupe un rang dans la longue suite des
églises du Pas de Calais. Elle a une unité architecturale qui est en soi
une qualité de l'art. L'appareillage de la craie à la tour est parfait.
Celui de la brique et pierre à la nef et au chœur constitue un décor
sobre et apparenté à celui des châteaux artésiens et picards de même époque.
Les maçons et maîtres d'ouvrage auraient pu se contenter, comme il est
arrivé ailleurs, du matériau le moins coûteux, la brique seule. »
L'église de Gosnay possède les
caractéristiques des églises de chartreux :
- Une seule nef rectangulaire sans bas côtés ni transept, voûtée en
berceau.
- Huit grandes baies dans la nef. Le sol
en pierres bleues a été rehaussé au début du siècle d’un
carrelage aujourd’hui en très mauvais état.
- Le chœur est moins large que la nef. L'abside de forme polygonale est
dominée par une voûte en cul-de-four. Elle est éclairée par deux baies plus
petites que les autres.
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Son Mobilier
Modeste et sobre dans son architecture,
l'église Saint Léger a un mobilier de qualité.
Il s’agit en particulier des peintures
venant des Chartreuses et de
la Vierge
à l'enfant du XlVème siècle en albâtre, offerte par
la Comtesse Mahaut
à la chartreuse du Mont Ste Marie en
1329, l
'année de sa construction. Ces objets sont en dépôt au trésor de
la Cathédrale
d'Arras.
Le ministère de la culture procède en 1897 au classement des plus belles
pièces et à l'inscription des autres à l'inventaire supplémentaire des
Monuments Historiques (autel, chaire, statues, confessionnal, tableaux...).
Le projet de l’Unité d’Art Sacré est de concilier le mieux possible ce
mobilier ancien avec l’art contemporain. Il est possible que dans
l’avenir un Musée des Chartreux mette en valeur une partie de ce
mobilier.
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