L’église Saint Léger de Gosnay

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L’église Saint Léger de Gosnay

A l’époque de Mahaut, une vie intense règne certainement le long de la rivière. Les deux Chartreuses attirent une foule de personnalités.

Illumination du clocher (de 1519) de l’église en décembre 2004

Le château est le témoin de fêtes et de réceptions comme on aime les imaginer en cette fin du Moyen Age.

Cette terre est foulée par les plus grands personnages de l’époque : Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon, Isabelle du Portugal dont on dit qu’elle mourut et fut enterrée à Gosnay, Charles le Téméraire, son fils Charles Quint qui fut le dernier grand visiteur du château. Il le trouva dit-on en très mauvais état en 1518 et tint à son égard les propos suivants : « Un château fort ancien, caduque et en ruine, où se logent pendant les guerres les aventuriers qui font plusieurs insolences à leurs voisins et par spécial aux dits chartreux ».

C’est avec les pierres du château que l’on construit l’année suivante en 1519 la tour de l’église qui n’est à l’époque qu’une tour de guet.

Histoire

L’église est dédiée à Saint Léger comme 53 autres églises du Pas-de-Calais. Peut-être est-ce parce que Saint Léger était alors très vénéré au Nord de la France. On suppose en effet qu’il a subi le martyr dans la forêt de Lucheux. En tout cas, il fut évêque d’Autun et vécut de 613 à 679.

Photo © JC.Delambre

On ignore tout de l’architecture de la première église. Cependant on suppose qu’elle avait déjà le plan d’une église d’un monastère chartreux, comme il était alors de coutume.
D’après les gravures des albums de Croy retrouvées aux Archives Nationales, l’orientation Nord-Ouest / Sud-Est de l’église de Gosnay est étonnante. En effet elle est aujourd’hui Est / Ouest.

Ce changement d’orientation date de 1745. L ‘évêque d’Arras décide alors « la démolition de la nef et du chœur pour sa reconstruction ». Les causes d’une telle reconstruction sont les guerres du début du siècle. En 18 mois, l’église est démontée et reconstruite. En 1746 a lieu la bénédiction.

Un décret de 1791 impose la fermeture des églises. Gosnay est l’une des premières communes à voir son église interdite au culte. Le bâtiment est vendu comme « bien national ». L’église est vouée à la démolition. Mais les travaux de destruction ne seront pas réalisés. Fermée au culte plus d’une dizaine d’années, l’église est utilisée comme grange, ce qui lui permet d’être préservée du pillage.

Durant les deux dernières guerres, elle subit des dégâts. La voûte et les vitraux sont refaits et dernièrement la commune restaure complètement la charpente et la toiture de la nef.

Architecture

Philippe Decroix, historien de Béthune, conclut son étude sur l’architecture de l’église de Gosnay en ces termes :
« Cette petite église de village occupe un rang dans la longue suite des églises du Pas de Calais. Elle a une unité architecturale qui est en soi une qualité de l’art. L’appareillage de la craie à la tour est parfait. Celui de la brique et pierre à la nef et au chœur constitue un décor sobre et apparenté à celui des châteaux artésiens et picards de même époque. Les maçons et maîtres d’ouvrage auraient pu se contenter, comme il est arrivé ailleurs, du matériau le moins coûteux, la brique seule. »

L’église de Gosnay possède les caractéristiques des églises de chartreux :

- Une seule nef rectangulaire sans bas côtés ni transept, voûtée en berceau.
- Huit grandes baies dans la nef. Le sol en pierres bleues a été rehaussé au début du siècle d’un carrelage aujourd’hui en très mauvais état.
- Le chœur est moins large que la nef. L’abside de forme polygonale est dominée par une voûte en cul-de-four. Elle est éclairée par deux baies plus petites que les autres.

Mobilier

Modeste et sobre dans son architecture, l’église Saint Léger a un mobilier de qualité. Il s’agit en particulier des peintures venant des Chartreuses et de la Vierge à l’enfant du XlVème siècle en albâtre, offerte par la Comtesse Mahaut à la chartreuse du Mont Ste Marie en 1329, l ‘année de sa construction. Ces objets sont en dépôt au trésor de la Cathédrale d’Arras.

Le ministère de la culture procède en 1897 au classement des plus belles pièces et à l’inscription des autres à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques (autel, chaire, statues, confessionnal, tableaux…).

Le projet de l’Unité d’Art Sacré est de concilier le mieux possible ce mobilier ancien avec l’art contemporain. Il est possible que dans l’avenir un Musée des Chartreux mette en valeur une partie de ce mobilier.